Jour 1

Arrivée en Alaska, après bien des vols. Premier constat; toutes les valises et caisses sont bien arrivées et tout est intact. Nous voilà à l’hôtel pour les deux prochains jours avant d’embarquer sur le Nautilus Explorer. Ces deux jours servent non seulement de zone tampon au cas où les bagages ne soient pas arrivés, mais aussi d'opportunité pour rencontrer les Tlingits, un des peuples des premières nations en Alaska.
La météo est exécrable et nous force à annuler le tournage aérien. Nathalie a presque perdu la voix. Une chance que cette fois, elle ne se trouve pas devant la caméra! Une bonne nuit de repos et nous verrons bien ce que nous réserve cette nouvelle aventure.

Nathalie

 

Jour 2

La pluie et le ciel sombre et bas sont toujours au rendez-vous. Nous avons nos premiers rendez-vous avec des artistes Tlingit; Teri Rofkar, Charles Skutle JR. Chacun d’eux perpétue la tradition des premières nations. Plusieurs heures pour obtenir toutes les autorisations possibles.
Visite au musée, cathédrale orthodoxe. La présence russe est marquée dans la ville.
C’est aussi les premiers paquebots avec les touristes. Comme on dit, ils viennent d’ouvrir une boîte et c’est un vrai déversement pendant quelques heures. Puis rien, le vide. Les boutiques ferment leurs portes et le calme qui laisse le cri des corbeaux percer celui du vent qui ne cesse de souffler. La météo n’augure rien de très bon pour la suite.

Nathalie

 

Jour 3

Nous avons complété des entrevues très intéressantes et rencontré nos premiers aigles. Je n’ai toujours pas de voix et les quintes de toux sont insupportables. Ce n’est pas un bon moment pour avoir des quintes de toux sans inquiéter les gens autour. Dans mon cas, la fatigue a le dessus. Charles est allé me chercher une plante pour guérir tout cela. Je crois bien que cela a fonctionné.
On remballe les équipements. Ce soir, on embarque sur le Nautilus Explorer.
Nous y voilà enfin! Depuis le temps que je voulais faire ce film. Mike et son équipe nous accueillent avec un service impeccable. Sur le pont supérieur, nous avons notre espace et étalons tout notre équipement composé de deux caméras HD, un 5D Mark II, deux caissons, 4 lampes vidéos, trépied…. On voyage léger en plus. Être sur un bateau pendant 10 jours nécessite une planification et s’il nous manque quelque chose... nous devrons jouer à Mac Gyver!

Nathalie

Un outil que j'emporte partout, que vous pourrez utiliser presque en tout temps, dans toutes les circonstances: le Leatherman!

Je me souviens de cette plongée où la photo a été prise. Une des plus difficiles pour moi. Une corde avait été placée, à partir du Nautilus Explorer, pour nous permettre de rejoindre une ligne qui descendait jusqu'au site. Le courant était d'au moins 3 noeuds et l'équipement photo/vidéo créait une résistance encore plus grande. Quand je suis arrivée devant les anémones plumeuses, tout était d'un calme surprenant!

Olivia

 

Jour 4

 

Ce que nous craignons est en train de se passer. Le trajet doit être modifié en raison de la tempête de la décennie. Certains lieux que je voulais documenter devront faire partie d’un autre projet. On m’avait bien dit que filmer en Alaska représentait bien des défis et dès la première plongée, j’ai pu mesurer l’ampleur du mot "défi". Mike est passé maître en planification et calcul de l’étale. Il faut dire qu’à certains endroits, pendant la marée, c’est 7 à 8 nœuds de courant.   Ces deux premières plongées auront surtout permis de placer notre routine. Nous avons fait le choix de plonger à l’air et en cylindre. Temps de fond max d’une heure et une marée entre chaque plongée. Dans ce cas, le nitrox ne représente pas pour moi un avantage et je préfère habituer mon corps en plongeant à l’air.

Nathalie

Le mauvais temps, pendant un tournage, représente toujours un défi de taille.
Protéger l'équipement tel que la caméra de surface (qui n'a qu'un rain cover pour échapper à la pluie et non un caisson) devient primordial.

Pour celles et ceux qui n'auraient pas le pied marin, si vous êtes malade en bateau, n'oubliez pas de regarder l'horizon (boire une boisson gazeuse semble aider un peu).

Olivia

 

Jour 5

Les nuits sont courtes. Le soleil se couche à peine qu’il se lève déjà. J’en profite pour me lever tôt et une fois habillée d'un coupe-vent, bonnet et d'une paire de gants, je vais sur le pont avec la caméra et le trépied au cas où…. Très vite on trouve nos repères et notre place. Olivia est en charge de transférer tout le matériel sur les disques durs. Seule la caméra sous-marine enregistre sur ruban, sinon nous sommes passés à l’ère des cartes. À l’aide de l’ordinateur portatif et des lecteurs de cartes, Olivia fait le master et copies de sécurité du matériel.   
Plongée de nuit à 21h10.

Nathalie

 

Jour 6

Belle journée et belle plongée. Alors que nous devions remonter, nous avons croisé une pieuvre à 70 pieds. Elle était assez timide et nous fuyait. Mais ce fut une très belle rencontre.
Les montagnes sont couvertes de brume ce matin, mais un bel arc-en-ciel nous surprend.

Nathalie

Jour 7

 

State of California.
Plongée quelque peu différente aujourd’hui. Alors que ce projet n’était pas censé m’amener à faire de plongée profonde, l’épave du State of California en a décidé autrement. Une bonne nuit de sommeil et une attention particulière à l’hydratation. Je plonge avec Mike Lever qui sera en recycleur. Pour ma part, je serai en cylindre ouvert. Alors, planification sur V-planner avec une profondeur de 180 pieds. Plusieurs scénarii de rechange au cas où des imprévus me poussent à plonger un peu plus longtemps ou profond. Mais la préparation principale est mentale. Je sais qu’en eau relativement chaude, je plonge à 170 pieds en gérant ma narcose à l’azote. Mes plongées en France et ma formation commerciale m’ont permis d’apprendre à travailler et gérer la narcose. L’élément un peu moins connu pour moi est l’effet et la gestion d’une plongée profonde à l’air en eau froide. 
Pour cette plongée plus exigeante, j’ai pu compter sur la générosité et le professionnalisme de Mike et de son équipage. Ainsi, je monte ma configuration de cylindres à l’air, et 30% pour la déco et le travel mix pendant qu’un zodiaque et une ligne seront en place uniquement pour nous ainsi qu'un cylindre de déco supplémentaire pour moi. 
La plongée fut extraordinaire et tout à fait sécuritaire. La mise en place et la bonne préparation des installations et de la plongée ont fait en sorte de réduire complètement le stress et je ne peux pas dire que j’ai ressenti la narcose, sachant très bien qu’elle était là. Une immersion dans la noirceur de l’océan le long de cette épave est une expérience unique. La prochaine fois, j’apporte mon recycleur !

Nathalie

 

Jour 8

 

Le tournage est bien avancé. Journée magique vers les glaciers.
Ces cathédrales de glace sont impressionnantes. Aujourd’hui, après avoir filmé le glacier, nous nous permettons une récréation et allons avec les autres nous amuser sur les icebergs prendre un bain d’eau douce bleue dans le creux de la glace. Journée unique qui me fait penser aux cénotes de Axis Mundi. Notre planète est vraiment extraordinaire. Quel bonheur et privilège de vivre ces moments. Aucun bien matériel ne peut remplacer ces rencontres avec la nature. Le soleil brille aujourd’hui et le bleu du ciel rivalise avec celui de la glace. Journée parfaite.

Nathalie

Ce qui m'a le plus marqué; la couleur bleue du glacier et le calme qui régnait.
Grimper sur des icebergs est aussi un souvenir inoubliable. C'est à ce moment que j'ai encore plus admiré les phoques et autres mammifères marins du genre...pour leur extraordinaire capacité à gravir cet obstacle.
Si un jour vous avez la chance de faire l'ascension d'un iceberg, tout de dry et palmes vêtu...vous m'en direz des nouvelles!

Olivia

 

Jour 9

Au large de Juneau, nous plongeons le Princess Sophia. Vous vous souvenez de "La croisière s’amuse" (Love Boat)   Le princess…? Et bien, le Princess Sophia est en quelque sorte son ancêtre, mais malheureusement c’est surtout la pire tragédie maritime de l’ouest de l’Amérique du Nord. Les courants sont plutôt forts et c’est un sport de descendre le long de la corde avec le caisson et le reste. On est content quand on est en bas, car on ne voudrait surtout pas lâcher la corde et dériver. La plongée dans le passage intérieur s’adresse vraiment à des plongeurs avancés confortables dans des situations de courants qui peuvent vous surprendre.  

Nathalie

 

Jour 10

Finalement, les baleines nous ont gâté d’un spectacle digne des plus grandes chorégraphies.  Bubble net feeding, technique où elles plongent et forment un mur de bulles pour emprisonner les poissons afin de pouvoir se nourrir. C’est du grand travail d’équipe. Des heures à attendre sur le pont entre deux plongées pour les voir et les filmer en train de sauter (spy hoping) ou se nourrir…  Elle auront été au rendez-vous.

Nathalie

 

Jour 11

 

La vie est remplie d’imprévus et aujourd’hui c’est le dôme qui en a pris pour son grade en sortant de la dernière plongée. La houle était si forte que l’on se serait cru dans un manège à sensations. En remontant sur le bateau, le caisson a dû frapper et le dôme est marqué d'une magnifique balafre. Ce sont les aléas des tournages. Une chance que nous avions le 5D MII pendant cette plongée et que nous avons pu finir les plans avec les otaries de Steller. Les otaries sont absolument fascinantes. Très agiles er rapides, elles s’amusent à tourner autour de nous. Elle se comportent comme nos phoques à Percé.  Mais leur taille est plus impressionnante. 

Nathalie

 

Les otaries de Steller; un autre souvenir inoubliable! Elles sont trés curieuses et si vous êtes, vous aussi, trés curieux, cela peut mener à une rencontre trés spéciale. C'était ma deuxième plongée avec les otaries et je les attendais de "palmes" fermes pour prendre quelques photos. Je ne les voyais pas, aucune à perte de vue...pourtant la première fois, il y en avait une dizaine autour de moi, mais que font-elles? Quand tout à coup....je sens qu'on m'attrape par la tête (heureusement que je portais une cagoule!). L'otarie a été trés délicate et n'a pas insisté plus qu'il ne fallait. Elle m'a "croquée" et je l'ai prise en photo par la suite....bel échange!

Olivia

 

Jour 12

Cela sent la fin, déjà ! Petit arrêt à Meyer’s Chuck. Un petit coin de paradis où l’on voudrait bien se perdre. Une dernière plongée. Presque 25 heures de matériel accumulé terrestre et sous-marin. Promenade à travers la végétation de l’île. Olivia et moi prenons chacune une caméra et allons découvrir cette île. Passage obligatoire à la cabine téléphonique et boîte aux lettres.

Nathalie

 

Jour 13

Dernière entrevue  avec Mike avant notre départ. On emballe tout le matériel.  La liste détaillée de chaque bagage nous permet de remettre exactement chaque chose à sa place. À 100 grammes près, chaque caisse ou sac est rempli au maximum. A notre arrivée, tous les sacs sont là.  Un sac aura était sans doute lancé un peu trop fort et nous aurons quelques réparations à faire.  L’heure du bilan est arrivée et de longues semaines de montage nous permettront de donner vie à ce film.  

Nathalie